Ethique et hymenoplastie
Face à la situation, le corps médical a entrepris la chirurgie de l’hymen, réduisant de 80 % les meurtres commis au nom de l’honneur en Égypte, ( Lancet, juin , 1996), les médecins turcs agissent également dans ce sens. Cette chirurgie est simple consistant à suturer les restes de l’hymen. Une petite incision sur la paroi vaginale est indiquée quand les restes de l’hymen sont insuffisants.
Du pont de vue éthique, l’hymenorraphie est comparable à l’IVG, et à la chirurgie esthétique : la médecine pour arrêter une souffrance morale ou sociale. Il s’agit d’une intervention simple, de quelques minutes, presque sans douleur. Cependant, cette intervention est délicate socialement, le mari (ou futur mari) croyant à la virginité de sa femme; des médecins s’opposent à cette technique et pensent que cette chirurgie de l’hymen participe à perpétuer une croyance culturelle archaïque sans fondement scientifique ni intérêt social évident.
En France, le secret médical interdit de vérifier la virginité d’une jeune fille mineure sur demande d’un tiers, même s’il s’agit des parents ou du futur mari. Un examen ne pourrait être accepté que s’il est demandé par la patiente majeure elle-même. Et le certificat ne lui est remis qu’à elle, en mains propres.
Ce problème soulève la question sur le rôle du médecin. Doit-il épargner les vies et combattre la souffrance à n’importe quel prix ? A-t-il une responsabilité dans la société? Et comment faire pour garder la meilleure de la culture et de faire évoluer le reste ? Ces questions n’ont pas une réponse unique.
Référence :
- Sue Yeon Choi: Restoring Virginity. Barkeley medical journal 1998
